Le RN et les incendies : le double langage

Le RN multiplie les déclarations de soutien aux sapeurs-pompiers, dénonçant le manque de moyens qui leur sont alloués. « Nos sapeurs-pompiers, héros du quotidien, doivent être soutenus en termes de moyens », affirmait ainsi Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national, sur France 2, le 25 juillet 2026. Quelques jours auparavant, le groupe RN à l’Assemblée nationale écrivait sur Facebook : « Il n’est plus possible de considérer la lutte contre les incendies comme un sujet de second plan », alors que les feux se multipliaient sur le territoire.

Pourtant il y a loin entre les discours et les votes. À l’Assemblée, les députés de Marine Le Pen ont plusieurs fois voté contre des amendements visant à donner plus de moyens aux sapeurs-pompiers ou à revaloriser leurs salaires, notamment lors des dernières discussions budgétaires :

En février 2024, le Parlement européen examinait la loi sur la restauration de la nature, un texte-clé du Pacte Vert, qui prévoit de restaurer au moins 20 % des écosystèmes européens d’ici à 2030. Le RN a tenté d’en réduire la portée avant de voter contre le texte. Parmi les objectifs figurait pourtant la restauration d’écosystèmes forestiers dégradés, directement concernés par la multiplication des incendies.

Le RN a nié pendant des années la réalité du réchauffement climatique ; en juin 2019, Julien Odoul, porte-parole du parti, aujourd’hui député, affirmait encore, alors que 50 départements étaient en alerte canicule : « C’est le début de l’été, il fait chaud, c’est tout à fait normal », estimant que le gouvernement adoptait une « communication hystérique » et une attitude démesurée devant la vague de chaleur. Aujourd’hui le RN dénonce l’impréparation du gouvernement, notamment en matière de moyens aériens, alors même qu’il a voté contre les budgets 2023, 2024 et 2025, qui incluaient l’augmentation de la flotte aérienne de lutte anti‑incendie, ces votes s’expliquant, il est vrai, par une rejet global des lois de finances.

Le RN propose par ailleurs un certain nombre de mesures, dont la pertinence reste à démontrer :

  • L’installation de générateurs d’eau atmosphérique dans les départements à risque d’incendie, une solution qui est loin d’avoir fait ses preuves. La start-up française Water ECOSystem, qui crée ce type d’appareils, indique en effet qu’une unité permet de générer jusqu’à un litre d’eau par jour et coûte 2 000 euros.
  • Le stockage de l’eau dans des méga-bassines, solution très controversée pour diverse raisons  : alors que l’eau devient une denrée rare, il est absurde de vider les nappes phréatiques pour les stocker dans des espaces où l’eau sera soumise à l’évaporation ; par ailleurs le pompage dans les nappes phréatiques diminue la ressource en uau potable.

Sources : Le Monde, la Vie Ouvrière https://nvo.fr/incendies-en-gironde-le-rn-soutient-les-pompiers-en-paroles-mais-surtout-pas-dans-ses-votes/ , le site Bon Pote https://bonpote.com/quels-partis-politiques-ont-vote-pour-la-lutte-anti-incendie/

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