En 1993, Jean-Marie Le Pen lance le slogan « Mains propres, tête haute ». En 2013, Marine Le Pen déclare: « Quand allons-nous tirer les leçons et mettre en place l’inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l’occasion de leur mandat ? »[1].
Pourtant, le RN s’est signalé par sa capacité à détourner de façon répétée l’argent public et donc à piquer dans les caisses aux dépens des citoyens, que ce soit au niveau européne, au niveau national, comme au niveau local.
En voici quelques exemples (concernant uniquement des détournements – directs ou indirects – de fonds publics, y compris dans le cadre des campagnes électorales) :
- Juin 2012. Olivier Duguet, ancien trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis en juin 2012 pour « escroquerie » au préjudice de Pôle emploi.
- 2020. Le RN est condamné pour abus de biens sociaux et certains de ses dirigeants pour escroquerie. La cause : les 572 candidats aux élections législatives de 2012 sont obligés d’acheter des kits de campagne à 16 550 €, de toute évidence surévalués à la société Jeanne. Le Front National écope de 250 000 € d’amende. Frédéric Chatillon, prestataire (Riwal), conseiller de Marine Le Pen est condamné à 2 ans et demi de prison dont 10 mois ferme, et 250 000 € d’amende. Jean-François Jalkh, juriste du FN, à 2 ans de prison dont 6 mois ferme, 3 ans d’inéligibilité. Wallerand de Saint-Just, Trésorier du FN, à 6 mois avec sursis, 2 ans d’inéligibilité. Ces jugements dont devenus définitifs en 2023.
- 2025 et 2026. Marine Le Pen et une quinzaine de responsables du RN sont condamnés pour détournement de fonds européens, pour un montant de 2,8 M€. Les eurodéputés RN n’embauchaient qu’un seul vrai assistant — le reste de l’enveloppe UE était détourné pour rémunérer des faux employés qui travaillaient pour le mouvement, voire pour les responsables (majordome de Jean-Marie Le Pen, garde du corps de Jean-Marie puis Marine Le Pen) :
- En première instance, en mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris condamne Marine Le Pen à 4 ans de prison — dont deux fermes, aménageables sous bracelet électronique —, 100 000 euros d’amende, et 5 ans d’inéligibilité, assortie d’une exécution provisoire (application immédiate). Une douzaine de responsables ou employés du RN sont également condamnés. Marine Le Pen et une majorité des condamnés font appel.
- Le 7 juillet 2026, la Cour d’appel a rejugé l’affaire au fond. Elle confirme la culpabilité. Le système de détournement est reconnu. La Cour condamne Marine Le Pen à 3 ans de prison dont 2 avec sursis, 1 an ferme aménageable sous bracelet électronique, à100 000 € d’amende et à·une inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis (15 mois fermes déjà purgés). Marine Le Pen annonce alors un recours en Cour de Cassation, recours qui suspend la peine, ce qui permet de se porter candidate aux élections présidentielles de 2027. Elle déclare que le peuple tranchera lors des élections présidentielles, comme si la justice n’était pas rendue au nom du peuple français et comme si une élection pouvait effacer une décision de justice.
- Janvier 2026. Condamnation de Marie-France Lorho, députée RN du Vaucluse pour détournement de fonds publics (emploi fictif de Yann Bompard comme collaborateur) à 18 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’mande, 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Marie-France Lorho fait appel.

Par ailleurs des instructions ou plaintes sont en cours pour plusieurs affaires de détournement de fonds publics ou favoritisme :
- Depuis mars 2025, enquête contre David Rachline, maire de Fréjus, ex-vice-président du RN (démissionnaire de ce poste en décembre 2025), pour favoritisme (marchés publics de sécurité, 263 000 €). Le procès est fixé au 22 septembre 2026 (tribunal correctionnel de Draguignan).
- Enquête distincte du Parquet national financier visant le même David Rachline pour corruption (perquisitions en mars 2025). Relaxe pour prise illégale d’intérêts le 27 janvier 2026.
- Depuis juin 2025, enquête en cours contre Franck Allisio, député RN, pour détournement de biens de la Région PACA (collaborateurs et véhicules régionaux détournés pour activité de député).
- Depuis juin 2025, suite à un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), enquête sur une éventuelle surfacturation par le RN de frais d’impression au cours de la campagne des élections législatives de 2024
- Le Parquet européen enquête depuis juillet 2025 sur un détournement présumé de 4,3 M€ par l’ex-groupe Identité et démocratie (ancien groupe où siégeait le RN).
- Janvier 2026 : plainte d’Anticor contre Jordan Bardella l’accusant d’avoir occupé un emploi fictif d’assistant parlementaire européen auprès de l’eurodéputé Jean-François Jalkh et participé à la production de faux en 2015 (détournement de fonds publics, faux, usage de faux et tentative d’escroquerie).
- 2026. Le Parquet européen enquête sur un détournement de fonds européens (« media training »), pour former Jordan Bardella avant la présidentielle 2022.
- 2026. Suite à la remise d’un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen des détournements de fonds du groupe Les Patriotes pour l’Europe présidé par Jordan Bardella en 2024, une enquête est ouverte. En juillet 2026, dans une lettre, le groupe reconnaît qu’entre le 16 juillet et le 31 décembre 2024, avoir « dépensé à mauvais escient » la somme de « 277 079,80 euros ». « Bien que cette infraction aux règles soit tout à fait regrettable », « le groupe Patriotes pour l’Europe en a tiré toutes les conséquences et a accepté » de régulariser la situation dans ses comptes 2025.
Sources : Le Monde, site redwatch https://redwatch.fr/marine-la-peine
[1] https://www.instagram.com/reel/DagHq8hMTkw/, https://www.instagram.com/reel/Dafnvrtt-9y/, https://www.instagram.com/reel/DakaM0yoamA/, https://www.instagram.com/reel/DagGWOztYET/ lui








