Episode 3 – Juin 2027 à avril 2028 – L’heure du renversement des alliances

Cette dystopie[1] est un exercice imaginaire, qui se veut vraisemblable, mais qui peut se révéler approximatif, voire inexact. Après tout, ce sont les hommes qui font l’histoire. Et ce serait une bonne nouvelle si le RN n’arrivait pas au pouvoir ; c’est précisément l’objectif de ce site. Espérons donc que cette histoire reste une fiction.

L’épisode 1 est ici, l’épisode 2 est ici.

La période qui va de septembre 2027 à avril 2028 est marquée par un renversement des alliances internationales de la France. L’échec des négociations avec l’UE conduit le gouvernement RN à mettre en œuvre un référendum sur le Frexit ; la France sort de l’UE. L’Etat RN dénonce un certain nombre d’accords internationaux, dont la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et la convention internationale relative aux droits de l’enfant. Le rapprochement avec les Etats-Unis et la Russie s’accompagne d’un arrêt de l’aide à l’Ukraine. Le gouvernement propose la constitution d’une Alliance européenne des peuples avec la Russie.

Juin 2027 à février 2028 – L’échec des négociations avec l’UE et la sortie de la France de l’UE

JUIN A OCTOBRE 2027 – L’ECHEC DES NEGOCIATIONS AVEC L’UE

  • Juin 2027. Le gouvernement annonce vouloir engager des négociations avec l’UE sur :
    • la baisse de la contribution française à l’UE,
    • une sortie des règles européennes de fixation des prix de l’énergie, une sortie du marché de l’électricité,
    • une renégociation de la PAC,
    • l’interdiction de tout transfert de compétences vers l’Union européenne dans les domaines de la défense et de la diplomatie,
    • la mise en place d’une préférence européenne dans les achats militaires effectués par les États européens,
    • la limitation de la libre-circulation Schengen aux seuls ressortissants européens,
    • une réforme de la BCE (fin de l’autonomie, réforme du mandat de la BCE pour la tourner vers l’emploi, la productivité et le financement de projets stratégiques de long terme),
    • une réforme de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice européenne.
  • Juin 2027. L’UE refuse de négocier les points qui remettent en cause les traités européens et les accords pris entre les 27 : réforme de la BCE, réforme de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice européenne, interdiction de transfert de compétence, sortie du marché unique de l’énergie… Elle s’inquiète de l’intention du gouvernement français de faire voter par référendum la supériorité de la loi nationale sur les traités internationaux. Les attendus du projet de loi constitutionnelle précisent en effet que qu’il s’agit d’« ajouter une condition constitutionnelle claire à l’appartenance de la France à l’Union européenne, celle de respecter l’identité constitutionnelle de la France et ses intérêts nationaux essentiels. Ainsi, les institutions de l’Union européenne ne pourront pas faire obstacle au droit inaliénable et souverain de la France de protéger son indépendance nationale et l’intégrité de son territoire, l’identité et la sécurité du Peuple français dans le cadre de ses frontières ».
  • Juillet 2027. Le Président de la République effectue une tournée des principaux partenaires européens de la France (Allemagne, Italie, Espagne, Pologne), pour tenter de les convaincre.
  • Septembre 2027. L’UE accepte de discuter de la réforme de la PAC, du montant de la contribution française et de la préférence européenne pour les achats d’équipements militaires. Le gouvernement français refuse une négociation « partielle » et lance une campagne sur les thèmes « L’UE veut détruire la France ! » et « Reprenons le contrôle ! ».
  • Octobre 2027. Le gouvernement français et l’UE constatent officiellement l’échec des négociations, ou plus exactement l’absence de négociation.
  • Décembre 2027. La situation économique se dégrade et conduit l’UE à réagir :
    • Ecroulement des investissements étrangers en France.
    • Augmentation de la dette, qui atteint 4 200 milliards d’euros.
    • Envol des taux d’intérêt de la dette , augmentation du spread[2].
    • L’INSEE évalue le déficit budgétaire de la France en 2026 à 10 %.
    • L’Europe lance une procédure contre la France pour déficit excessif.
    • Les agences de notation dégradent la note de la France.

OCTOBRE 2027 A FEVRIER 2028 – LE REFERENDUM SUR LE FREXIT

  • 19 décembre 2027. Allocution du Président de la République qui attaque violemment l’Europe et annonçant l’organisation d’un référendum sur le Frexit, présenté comme une nécessité en raison du refus de l’UE de négocier.
  • 21 décembre 2027. Décret de convocation du référendum pour le 6 février 2028, en  vertu de l’article 11 de la Constitution. La question est la suivante : « Suite au blocage provoqué par l’UE, souhaitez-vous que la France sorte de l’UE ? ».
  • Le Conseil Constitutionnel estime ne pas pouvoir se prononcer sur la constitutionnalité de la procédure du référendum, sa réforme étant engagée par le référendum de janvier 2028. En tout état de cause, le référendum d’octobre 2027 a élargi le champ du recours au référendum en vertu de l’article 11, ce qui fait que la mise en œuvre de ce nouveau référendum est constitutionnelle.
  • Les partis politiques de l’opposition se prononcent (partis de gauche, partis centristes ex-macronistes, scission de LR) pour le NON. Les partis soutenant le gouvernement se prononcent pour le OUI (RN, UDR, Reconquête !, partie de LR).
  • La campagne électorale est vive. Plusieurs responsables de partis politiques européens (SPD allemand, PSOE espagnol…) participent à des meetings et des manifestations pour le NON ; le gouvernement dénonce des « ingérences étrangères ». La Grande-Bretagne fait savoir « qu’elle ne souhaite pas une sortie de la France de l’UE ». La Russie inonde les réseaux sociaux de fake news sur les méfaits de l’UE.
  • 6 février 2028, 22h. Victoire du OUI avec 64 % des suffrages exprimés. L’UE et les Etats membres de l’UE dénoncent une « erreur historique ».

FEVRIER 2028 – LA FRANCE SORT DE L’UE

  • 5 février 2028. Par un double vote de l’Assemblée nationale et en application du référendum de janvier 2028, la France dénonce les traités européens et sort donc de l’UE.
  • 5 février 2028. L’UE et les pays membres de l’UE protestent vivement. La Russie se félicite de cette « bonne nouvelle ». Les Etats-Unis y voient « la confirmation du déclin annoncé de l’Europe ».
  • Février 2028. La France abandonne en conséquence l’euro et met en œuvre un retour au franc. Le taux de conversion choisi aboutit à une dévaluation de fait du franc. Ce choix est assumé par le gouvernement, qui entend relancer ainsi les exportations. Les contrôles aux frontières sont généralisés, il est mis fin à la libre circulation des citoyens européens, les échanges commerciaux avec les pays européens font l’objet de contrôles douaniers.
  • Février 2028. L’UE réagit en imposant des droits de douane aux produits français, ce qui provoque la mise en œuvre de taxes sur les produits européens, en vertu du principe de réciprocité.
  • L’instauration de droits de douane provoque rapidement une baisse des importations et des exportations, donc une baisse d’activité, mais aussi une forte inflation et une baisse des investissements étrangers.
  • Février 2028. La France sort d’un certain nombre de traités et accords internationaux : les accords liés à l’appartenance à l’UE (convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, charte sociale européenne), le pacte international relatif aux droits civils et politiques, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la convention internationale relative aux droits de l’enfant, la convention relative au statut des réfugiés et le protocole relatif au statut des réfugiés (convention de Genève).
  • Février 2028. Le gouvernement français dénonce l’ensemble des accords bilatéraux sur l’immigration (dont les accords franco-algériens de 1968).
  • Février 2028. Le gouvernement français subordonne l’aide au développement à la signature d’accords sur l’immigration et l’accueil des expulsés.

Septembre à décembre 2027 – Le rapprochement avec les Etats-Unis

  • 13 et 14 septembre 2027. Visite d’Etat du Président Bardella aux Etats-Unis ; il est reçu par Donald Trump dans sa  villa de Floride.
  • Jordan Bardella propose au gouvernement Trump la négociation d’un accord de libre-échange permettant une baisse des droits de douane ; il préconise un rapprochement sur un certain nombre de questions internationales (réforme de l’OTAN, paix en Ukraine au prix de concessions territoriales et d’une renonciation de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN…).
  • Donald Trump baisse un certain nombre de droits de douane concernant des produits français (automobiles, vins et spiritueux…).

Juin 2027 à avril 2028 – Le rapprochement avec la Russie et l’échec d’une Alliance européenne des peuples

  • Juin 2027. Le gouvernement français annonce une suspension de l’aide à l’Ukraine.
  • Juillet 2027. Le gouvernement français lève les sanctions contre la Russie et appelle l’Ukraine à accepter des compromis (territoires, renonciation à entrer dans l’UE et l’OTAN, acceptation d’une limitation de la taille de son armée, renonciation à la présence d’armées étrangères pour garantir la paix).
  • 7 et 8 septembre 2027. Visite d’Etat à Paris de Vladimir Poutine. Lors d’une conférence de presse commune, Jordan Bardella se félicite d’une « convergence de vue entre les 2 pays sur la situation internationale et la défense d’un certain  nombre de valeurs comme l’identité nationale, la famille… ».
  • Octobre 2027. Le RN organise à Paris une grande conférence sur la défense des identités et des libertés, en présence de Javier Milei, président de l’Argentine, de José Antonio Kast, président du Chili, de Giorgia Meloni, Présidente du Conseil italienne, de J.D. Vance, vice-Président des Etats-Unis et d’organisations d’extrême droite (Vox d’Espagne, le Fidesz de Hongrie…).
  • Mars 2028. Le gouvernement français propose d’engager des négociations pour la création d‘une Alliance européenne des nations, reposant sur un traité de libre-échange, une vision commune de la défense des nations et des identités, une coopération culturelle et la volonté de peser ensemble sur le devenir du monde. La Russie, l’Italie, la Slovaquie sont les seuls pays qui acceptent de s’engager dans ce processus. L’Italie de Giorgia Meloni déclare exclure toute sortie de l’UE.
  • Marine Le Pen est chargée des négociations avec « son ami » Vladimir Poutine.
  • Avril 2028. Une conférence préalable à la création d’une Alliance européenne des nations se tient à Paris. Elle révèle de nombreux désaccords entre les participants, notamment avec l’Italie sur le maintien dans l’UE et l’OTAN, avec la Russie qui entend reprendre et intensifier ses livraisons de gaz, avec la Slovaquie qui envisage de quitter l’OTAN[3] mais pas l’UE…
  • Mai 2028. Après des contacts bilatéraux, les participants conviennent de suspendre le projet.

Au terme de cette période, la France se trouve en dehors de l’UE et de la zone euro. Elle a entamé un processus de rapprochement avec la Russie (surtout) et avec les Etats-Unis. Mais elle se trouve isolée sur le plan international : son projet d’Alliance européenne avec la Russie est un échec, elle a dénoncé nombre d’accords internationaux, elle est brouillée avec ses partenaires européens et avec les pays d’Afrique et d’Asie avec lesquels elle avait des accords bilatéraux. En outre sa situation économique se dégrade.


[1] « La dystopie est un genre littéraire ou artistique qui consiste à représenter une société fictive sombre et dangereuse. Le monde dystopique est donc un monde imaginaire, généralement sous le contrôle d’un pouvoir tyrannique et totalitaire, ou d’une idéologie néfaste » (source : Wikipedia).

[2] Le spread mesure – dans ce contexte –  l’écart entre le taux d’intérêt de la dette française par rapport à celui des principaux pays européens.

[3] Déclaration du 17 juin 2025 de Robert Fico, chef du gouvernement slovaque.

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