Cette dystopie[1] est un exercice imaginaire, qui se veut vraisemblable, mais qui peut se révéler approximatif, voire inexact. Après tout, ce sont les hommes qui font l’histoire. Et ce serait une bonne nouvelle si le RN n’arrivait pas au pouvoir ; c’est précisément l’objectif de ce site. Espérons donc que cette histoire reste une fiction.

Cette première période est marquée par la mise en place de l’Etat RN : élection d’un Président de la République RN, dissolution de l’Assemblée nationale pour obtenir une majorité, mise en place d’un gouvernement d’union des droites, remplacement d’une partie des préfets, premières mesures sécuritaires, annonce d’un référendum portant sur l’immigration et la supériorité du droit national sur le droit international, début du renversement des alliances (négociations avec l’UE, rapprochement avec la Russie et les Etats-Unis). Mais les tensions sont exacerbées et la résistance s’organise.
11 AVRIL 2027 – 23h30
Les résultats du 1er tour des élections présidentielles sont maintenant connus :
- Le taux d’abstention atteint 24 %, contre 25,1 % aux présidentielles 2022, 33,3 % aux législatives 2024.
- Jordan Bardella recueille 37 % des suffrages exprimés, Edouard Philippe 24 %, Jean-Luc Mélenchon 13 %, Olivier Faure 7 %, Sarah Knafo 6 %, Bruno Retailleau 5 % ; les autres candidats recueillent moins de 1 % des voix.
- Jordan Bardella et Edouard Philippe seront présents au second tour.
12 AU 23 AVRIL 2027
- Les consignes de vote sont désormais connues : la gauche (PS, PCF, Ecologistes) appelle à un front républicain et donc à voter pour Edouard Philippe. Jean-Luc Mélenchon laisse ses électeurs libres de leur choix, mais déclare que, pour sa part, il votera contre Jordan Bardella, au nom de « l’antifascisme ». Bruno Retailleau, sans donner de consigne claire, marque sa préférence pour un vote à l’extrême droite, s’attirant au sein des Républicains les foudres de Xavier Bertrand, Jean-François Coppé et Valérie Pécresse. Sarah Knafo appelle à voter pour Jordan Bardella.
25 AVRIL 2027 – 23h30
- Jordan Bardella est élu Président de la République avec 51,2 % des voix ; le taux d’abstention est de 28 %, les votes blancs ou nuls représentent 4 % des suffrages.
- Jordan Bardelle prononce un discours de remerciement à ses électeurs et appelle à l’unité nationale (« je serai le Président de tous les Français », « la France est de retour »).
- Jean-Luc Mélenchon appelle à faire du 1er mai une journée de mobilisation contre le fascisme et annonce la création de « comités de vigilance ».
- Des incidents éclatent à Paris dans la quartier de l’Opéra, des manifestants d’extrême gauche et de gauche s’opposant à des militants d’extrême droite fêtant la victoire de Jordan Bardella.
- Des messages de chaleureuses félicitations sont envoyés par Donald Trump, Vladimir Poutine et Giorgia Meloni. Kemi Badenoch[2] et Friedrich Merz, tout en félicitant le gagnant, souhaitent le maintien de bonnes relations avec la France. Ursula Van der Layen souhaite une bonne entente au sein de l’UE.
26 AVRIL 2027 – 10h
- A l’ouverture, baisse de la Bourse, les valeurs du CAC 40 perdant 7 %.Les bourses de Londres et de Francfort sont également en baisse.
27 AVRIL 2027 – 20h
- Nomination du Premier ministre : Eric Ciotti. Celui-ci est chargé de former un gouvernement jusqu’aux élections législatives et de chercher des alliances (notamment avec LR).
- Décret du Président de la République dissolvant l’Assemblée nationale, en vertu de l’article 12 de la Constitution, après consultation du Premier ministre et des Présidents des Assemblées, et fixant les dates des élections législatives aux 30 mai et 6 juin 2027.
1er MAI 2027 – 15h-20h
- Les manifestations du 1er mai sont transformées en manifestations antifascistes, à l’appel des partis de gauche et des syndicats.
- Des incidents éclatent en fin de manifestation, place de la Nation à Paris, ainsi qu’à Lyon, Nantes et Rennes, entre la police d’une part, des « black bloks » et des militants d’extrême gauche d’autre part. Les organisateurs dénonce nt des violences policières. Le Premier ministre justifie la « fermeté » de la police et appelle à une « justice exemplaire ».

5 MAI 2027 – 20h
- Le nouveau secrétaire général de l’Elysée annonce la composition du gouvernement, qui comprend des ministres RN et UDR[3]. Les principaux ministres sont :
- Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères : Xavier Driencourt
- Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur : Sébastien Chenu.
- Ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale : Roger Chudeau.
- Ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des sceaux : Jean-Paul Garraud ou François Feletti (UDR).
- Ministre d’Etat, ministre de la France des Outre-Mer : Huguette Fatna ou André Rougé
- Ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances : Henri Proglio ou Jean-Philippe Tanguy ou François Durvye.
- Ministre de la Défense : Laurent Jacobelli.
- Ministre de la Santé et de la Solidarité : Joelle Melin.
- Ministre de l’Ecologie : Hervé Juvin ou Andréa Kotarac.
- Ministre de la Culture : Marion Maréchal.
- Ministre de l‘Agriculture : Bertrand Venteau ou Grégoire de Fournas ou Pierre-Henri Carbonnel (UDR).
- Ministre de la Famille : Laure Lavalette ou Christelle d’Intorni (UDR).
- Porte-parole du gouvernement : Julien Sanchez.
- L’opposition fait remarquer que ce gouvernement comprend très peu de femmes.
7 MAI 2027 – 15h
- Premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement. Appel du Président de la République au lancement « d’une nouvelle ère pour la France, reposant sur la priorité nationale ».
- Annonce par le porte-parole du gouvernement de premières mesures réglementaires :
- Lancement d’un audit des comptes de la nation, faisant la lumière sur l’état réel des comptes, sur la situation de la dette et identifiant des sources d’économie de la dépense publique.
- Instruction aux préfets : suspension de toutes les régularisations, suspension de toutes les naturalisations en cours, suspension du droit d’asile, intensification de la mise en œuvre des OQTF.
- Mise en place d’une « commission chargée de faire des propositions de suppression de normes ».
- Appel du Premier ministre à donner une majorité absolue à la majorité présidentielle lors des élections législatives.
- Nomination par le Président de la République de nouveaux préfets (dont les préfets de police de Paris, Lyon et Marseille).
8 AU 13 MAI
- Premier voyage du Président de la République dans les Départements et Collectivités d’Outre-Mer.
- Mise en scène d’un « charter d’expulsés » en direction de l’Algérie. Le gouvernement algérien n’ayant pas donné de laisser-passer, le charter revient en France. Le gouvernement français dénonce les accords franco-algériens de 1968, mais aussi l’ensemble des accords bilatéraux sur l’immigration.

9 MAI 2027 – 15h
- Manifestation autorisée de l’extrême droite identitaire (« comité du 9 mai ») ; affrontements avec une contre-manifestation convoquée par des organisations d’extrême gauche et LFI. Un militant de la Jeune Garde est tué par un groupe d’identitaires.
10 AU 27 MAI 2027
- Campagne pour les élections législatives. Le PS, les Ecologistes et le PCF passent un accord pour présenter des candidats communs dès le premier tour. LFI présente ses propres candidats tout en lançant un appel pour un « front populaire antifasciste » qui n’attire que le NPA[4] et le POI[5], plus quelques écologistes. Le RN et l’UDR présentent des candidats communs. LR présente ses propres candidats. Ensemble, Renaissance et le MODEM présentent des candidats communs.
- La campagne est marquée par de nombreux incidents : attaques de meetings, bagarres entre colleurs d’affiches…
- Grande manifestation à Paris lors des obsèques du militant tué le 9 mai. Des incidents éclatent en fin de manifestation. Les organisateurs dénoncent des violences policières.
- Le Premier ministre prononce la dissolution d’un certain nombre d’organisations d’extrême gauche, présentées comme « terroristes », notamment les associations « antifas ». Il annonce une loi sur la sécurité intérieure.
30 MAI 2027
- Premier tour des élections législatives. 89 députés sont élus dès le premier tour, dont 65 députés RN ou UDR, 20 députés d’union de la gauche (PS/Ecologistes/PCF), 1 Ensemble, 1 LR, 2 divers droite.
- Le Premier ministre, les dirigeants du RN et de l’UDR appellent à une « union des droites » pour permettre d’atteindre une majorité absolue au second tour, autour d’un accord de gouvernement.
31 MAI AU 4 JUIN 2027
- Campagne pour le second tour des élections législatives. Un certain nombre de candidats LR se retirent au profit de candidats RN ou UDR ; un certain nombre de candidats RN ou UDR se retirent au profit de candidats LR. Des « fusions techniques » sont annoncées par les partis de gauche, y compris LFI.
- Nombreux incidents lors de la campagne.
6 JUIN 2027 – 23h
- Le second tour des élections législatives donne une majorité relative au RN et à son alliée l’UDR, mais pas la majorité absolue : le RN et l’UDR obtiennent 244 sièges, LR 39 sièges (dont une quinzaine obtenus grâce à un retrait du candidat RN), les divers droite 25 députés, LFI 88 sièges, le bloc centriste, l’union PS/Ecologistes/PCF 80 députés. Le total des députés étant de 577 députés et donc la majorité absolue de 289, il manque 45 députés au RN et à l’UDR.
- Jordan Bardella et Eric Ciotti appellent à un contrat de législature et un accord de gouvernement avec LR. Des négociations s’engagent entre le RN, l’UDR et LR, mais aussi avec des députés divers droite. Reconquête ! annonce son intention de participer au nouveau gouvernement.
8 JUIN 2027
- Le Premier ministre annonce un accord de gouvernement entre le RN, l’UDR et LR, autour d’un accord programmatique qui met en avant 5 priorités : un référendum sur l’immigration, une négociation avec l’UE, une loi sur la sécurité intérieure, une loi sur la justice, un projet de loi de finances rectificative mettant en œuvre une baisse des dépenses publiques, des mesures de « libéralisation » et une suppression de normes. Le Premier ministre sera issu des rangs de LR. Grâce au soutien des 39 députés LR et d’une quinzaine de députés divers droite (dont David Lisnard), le gouvernement dispose d’une (courte) majorité absolue.
- LR éclate, avec le départ de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Jean-François Coppé…, qui créent un nouveau parti. Laurent Wauquiez se prononce pour un soutien au nouveau gouvernement. Le gouvernement ne dispose plus que d’une majorité absolue de 3 députés.
- Le PS, suite à son échec, éclate également : un parti social-démocrate (PSD) se constitue autour de François Hollande, Jérôme Guedj, Raphaël Glücksman, Carole Delga et Bernard Cazeneuve, un PS « maintenu » regroupe Olivier Faure, Boris Vallaud, Pierre Jouvet…
10 JUIN 2027 – 20h
- Le secrétaire général de l’Elysée annonce la nomination d’un nouveau Premier ministre : Bruno Retailleau.
10 JUIN 2027
- Jordan Bardella effectue une visite d’Etat aux Etats-Unis. Réception solennelle par Donald Trump à la Maison Blanche.
15 JUIN 2027 – 20h
- Le secrétaire général de l’Elysée annonce la composition du nouveau gouvernement. Les principaux ministres sont les suivants :Ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères : Xavier Driencourt.
- Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur : Eric Ciotti.
- Ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale : Laurent Wauquiez (LR).
- Ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des sceaux : Jean-Paul Garraud ou François Feletti (UDR).
- Ministre d’Etat, ministre de la France des Outre-Mer : Sarah Knafo (Reconquête !).
- Ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances : Henri Proglio ou Jean-Philippe Tanguy ou François Durvye.
- Ministre de la Défense : Christophe Gomart (LR).
- Ministre de la Santé et de la Solidarité : Valérie Royer (LR).
- Ministre de l’Ecologie : Hervé Juvin ou Andréa Kotarac.
- Ministre de la Culture : Marion Maréchal.
- Ministre de l‘Agriculture : Bertrand Venteau ou Grégoire de Fournas ou Pierre-Henri Carbonnel (UDR)
- Ministre de la Famille : Laure Lavalette ou Christelle d’Intorni (UDR).
- Ministre de la Mer : Michèle Tabarot (LR).
- Ministre des Affaires européennes, rattaché au ministre des Affaires étrangères : Sébastien Chenu.
- Ministre de la simplification et de la réforme administrative : David Lisnard (Nouvelle Energie).
16 JUIN 2027 – 15h
- Premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement :
- Annonce d’un futur projet de loi de finances rectificative.
- Convocation du Parlement en session extraordinaire à compter du 10 juillet, notamment pour voter le projet de loi de finances rectificative.
- Lancement d’une « commission de la hache » chargée de supprimer des agences (OFB, ADEME, ARCOM…).
- Annonce de diverses mesures réglementaires :
- Décret d’annulation de la réforme de l’assurance chômage de juillet 2024. La retraite revient à 62 ans.
- Décret portant diverses mesures de soutien aux fonctionnaires attaqués ou menacés (professeurs, soignants, policiers, etc.) par le renforcement de la protection fonctionnelle.
- Annonce de l’organisation d’une conférence sociale sur les salaires et les conditions de travail.
18 JUIN 2027 – 20h
- Allocation télévisée du Président de la République, avec plusieurs annonces importantes :
- Convocation d’un référendum portant sur l’adoption d’un projet de loi constitutionnel sur l’immigration et la supériorité du droit national sur le droit international. Ce référendum se tiendra le 26 septembre 2027.
- Négociations avec l’UE. Le Président de la République précise l’objet des négociations :
- la baisse de la contribution française à l’UE,
- une sortie des règles européennes de fixation des prix de l’énergie, une sortie du marché de l’électricité,
- une renégociation de la PAC,
- l’interdiction de tout transfert de compétences vers l’Union européenne dans les domaines de la défense et de la diplomatie,
- la mise en place d’une préférence européenne dans les achats militaires effectués par les États européens,
- la limitation de la libre-circulation Schengen aux seuls ressortissants européens,
- une réforme de la BCE (fin de l’autonomie, réforme du mandat de la BCE pour la tourner vers l’emploi, la productivité et le financement de projets stratégiques de long terme),
- une réforme de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice européenne.
- Autres mesures en matière de politique étrangère :
- La France sort du commandement unifié de l’OTAN.
- L’aide apportée par la France à l’Ukraine est suspendue.
- Le gouvernement français revient sur la reconnaissance de l’Etat palestinien et expulse l’ambassadeur de Palestine à Paris.
- Le gouvernement lance une invitation à Vladimir Poutine pour une visite officielle en France.
- Les constitutionnalistes, dans leur quasi-totalité, estiment qu’un tel référendum est inconstitutionnel, l’article 11 stipulant que « Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées (…), peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale(…), ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui (…) aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions ». Outre que la procédure n’a pas été suivie, le référendum ne porte pas sur l’organisation des pouvoirs publics,sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale ou sur l’approbation d’un traité. Seul l’article 89 permettrait le recours au référendum, mais cela suppose un accord des 2 chambres, mais le RN et ses alliés ne sont pas majoritaires au Sénat.
Tout est en place pour une double crise majeure : une crise constitutionnelle et une crise internationale (avec l’UE). L’Etat RN devra soit se soumettre, soit engager un coup de force. La suite dans l’épisode 2.
[1] « La dystopie est un genre littéraire ou artistique qui consiste à représenter une société fictive sombre et dangereuse. Le monde dystopique est donc un monde imaginaire, généralement sous le contrôle d’un pouvoir tyrannique et totalitaire, ou d’une idéologie néfaste » (source : Wikipedia).
[2] Qui a remplacé Keir Starmer comme Première ministre de la Grande-Bretagne.
[3] Union des Démocrates pour la République, parti fondé par Eric Ciotti après une scission des Républicains.
[4] Nouveau Parti Anticapitaliste.
[5] Parti Ouvrier International, organisation trotskiste lambertiste.








