La victoire de l’extrême droite aux présidentielles en Colombie

Le 21 juin, le richissime Abelardo de la Espriella a battu de justesse le progressiste Ivan Cepeda au second tour de la présidentielle en Colombie, mettant fin à une parenthèse de gauche portée par Gustavo Petro. Celui qui s’est choisi comme surnom « le Tigre » promet à ses concitoyens une main de fer pour en finir avec l’insécurité, les corrompus, les communistes et le gouvernement de gauche.

Abelardo de la Espriella – qui réside à Miami – traite ses opposants de « Bandits », « guérilleros », « délinquants » et promet d’« étriper » la gauche. Il se présente sur scène dans une cage de verre blindé, cependant que fusent derrière lui les lumières et les images de tigres. Il se décit lui-même comme un outsider venu « d’en bas », en lutte contre les élites et les politiques « de toujours ». Il s’est fait connaître en défendant devant les tribunaux du pays les chefs paramilitaires accusés de milliers d’assassinats et leurs alliés narcotrafiquants.

Abelardo de la Espriella a fait campagne sur la défense de valeurs traditionnelles, notamment la famille nucléaire et une opposition ferme à l’avortement. Sur le plan social, il affirme des positions .ultra conservatrices. Il a annoncé qu’il voulait réduire la taille de la « bureaucratie » de l’État de 40 %, ce qui lui permettrait de réduire les impôts. Dans un premier temps il entend réduire le déficit budgétaire, ce qui satisfera les marchés et réduira la prime de risque colombienne. En conséquence, des coupes seront menées dans les dépenses sociales, vdans la santé et l’éducation.

En matière de politique internationale, sa ligne est très simple: un alignement total et inconditionnel sur Donald Trump.

Le président américain Donald Trump, qui a affirmé à plusieurs reprises son «soutien ferme et total» au candidat de l’ultra droite a publié sur son réseau Truth Social une photo du millionnaire colombien, accompagnée du message : « Il a gagné, et largement ! ». Le secrétaire d’État américain Marco Rubio  a vanté sur X une future collaboration « en matière de sécurité » et pour « mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis ».

La Colombie devient ainsi le 4ème pays latino-américain à virer à droite, après l’Argentine, le Chili ou encore l’Équateur, dont les dirigeants, tous alignés sur Washington, ont rapidement félicité le président élu. Au-delà de la multiplication des « baby trumps », on peut s’inquiéter de la multiplication des régimes d’extrême droite et des régimes autoritaires sur pmresque tous les continents.

Par Laurent Delmas

Sources :

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/17/presidentielle-en-colombie-abelardo-de-la-espriella-l-outsider-d-extreme-droite-qui-veut-etriper-la-gauche_6704226_3210.html

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/24/en-colombie-ivan-cepeda-reconnait-la-victoire-du-candidat-d-extreme-droite-au-terme-du-scrutin-presidentielle-le-plus-serre-de-l-histoire-du-pays_6713195_3210.html?srsltid=AfmBOoqHh3i6ph-mO7U4wrT2DxnMyFgXihuOcRwRZvs_0eyXU1CGhhmW

https://www.liberation.fr/international/amerique/avec-abelardo-de-la-espriella-la-colombie-elit-a-son-tour-un-president-dextreme-droite-pro-trump-20260622_6ZHYS3WDR5HPXC7C2JYJKVCZ4E/ https://www.ifri.org/fr/editoriaux/abelardo-de-la-espriella-elu-president-en-colombie

https://www.ifri.org/fr/editoriaux/abelardo-de-la-espriella-elu-president-en-colombie

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